Boris Pahor

Il est né en 1913 à Trieste : c’était, au temps de sa naissance, et de l’empire austro-hongrois, le plus grand port autrichien.  Après 1918 la ville passa sous domination italienne : l’enfant fut traumatisé par les exactions des fascistes envers sa communauté et par l’interdiction de sa langue maternelle. Refuser la langue italienne imposée par le dictateur Mussolini était naturel, pour un intellectuel slovène. Ce refus de l’idéologie fasciste entraînait une sanction extrême : durant la Seconde Guerre mondiale Boris Pahor fut interné dans les camps nazis en tant que résistant.Son œuvre est marquée par une liberté de pensée sans faille. Sous le régime communiste de Tito, qui gouverne d’une main de fer la Yougoslavie après la défaite allemande, et jusqu’à sa mort, cette liberté qui lui vaudra d’être persona non grata dans son propre pays, la Slovénie.Dès le début de sa carrière de romancier, nouvelliste et essayiste, « la ville dans la baie » (titre de l’un de ses premiers romans) est devenue l’arrière-plan de ses écrits. Il lui consacra sa trilogie célèbre Jours obscursPrintemps difficile et Dans le labyrinthe. En 1967 parut le récit de sa visite au camp du Struthof en Alsace : Pèlerin parmi les ombres, traduit dans de multiples langue. Ses œuvres, d’inspiration autobiographique, représentent une véritable chronique de l’Europe du 20ème siècle. Il vit toujours à Trieste et continue à écrire, et à témoigner de son horreur des idéologies qui mènent à la mort. La ville de Lille est pour Boris Pahor, qui la cite fréquemment dans ses écrits, un symbole de liberté et de vie : à la libération des camps, vêtu du terrifiant costume rayé des prisonniers concentrationnaires, il monte dans le premier train qui roule vers un autre monde, vers le vrai monde. Et les hasards de l’existence le font arriver à Lille.Le nom de Boris Pahor est proposé, depuis quelques années, parmi ceux des écrivains qui méritent d’être récompensés par le prix Nobel de littérature.

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