Fred Personne honoré

Allocution de Guy FONTAINE,

Président de l’Association Les Lettres Européennes,

pour la remise de la Médaille des Arts et des Lettres à

M. Fred PERSONNE, comédien, Metteur en Scène, Homme de Lettres


Monsieur le Maire, Mesdames et Messieurs les Elus, Vous tous, artistes et public ami de l’Art et de Fred, Mon Onc’ !

Eh oui, le futur nouveau Chevalier, ch’est Mon Mon Onc’ ! Pas par les liens familiaux, mais par ceux de l’amitié. J’ai l’honneur de l’appeler ainsi quand nous nous nous parlons au téléphone. Ech » pourros compter seur les do’s d’eune seul’main cheusse qui parlen’t incore comme cha avec mi ! Je ne vais pas évoquer ici l’illustre comédien, dont vous connaissez tout. Celui qui joue le Bouffon, dans Hamlet, devant le Général de Gaulle, en 1960 ou 1961. Ou celui qui tourne avec Fernand REYNAUD en 1968. Non. Je vais  vous parler  de celui qui est entré dans ma vie dans les Années 80, quand je dirigeais la Compagnie de Théâtre Amateur Les Artisans, à Bruay-en-Artois. (Et quelle belle idée, d’organiser, à Lens, au cœur du pays minier, cette cérémonie !)

Avec sa générosité légendaire, Fred est venu nous prêter son talent dans le cadre d’un montage poétique. Quelle merveille !

De lui, je connaissais, comme chacun, le parcours chez Jean VILAR. Euch’ savos aussi qu’in 1979, il avot jué dans un film avec Isabelle HUPPERT toute nute… !

["Un biau souv'nir", commente Fred, en direct]

Mais l’interprétation de la poésie française, l’amour de Fred PERSONNE pour dire notre langue m’ont ébloui. Le comédien du Théâtre National Populaire, ou du Théâtre Populaire des Flandres m’a fait découvrir l’univers sonore de Bernanos ou Aragon, ces deux amoureux de notre terre du Pas-de-Calais. Et j’ai compris aussi le sens de l’adjectif « populaire », quand il n’est pas galvaudé, abîmé par la démagogie. Pour les mineurs silicosés, et pour tout le monde, Fred avait tourné dans Toile de Fond, en 1983. Pour les mineurs silicosés, et pour tout le monde, dans les années 1990, il a dit, dans Douce France, Dure France et après, sa vision du monde. Et il continue à la dire par le livre, le théâtre, et le cinéma.

Qu’il me doit permis d’anticiper l’instant où tu seras épinglé, et donc fait Chevalier par Monsieur Guy DELCOURT, Mon Onc’ ! La nuit venue, lorsque le jeune Chateaubriand s’apprêtait, à Combourg, à gravir seul l’escalier obscur qui le menait à sa chambre solitaire, battue de tous les vents de Bretagne, tout en haut du donjon du château familial, son père lui demandait, sur un ton glacial : « Monsieur le Chevalier aurait-il peur ? »

Toi, tu n’as peur de rien, Mon Onc’ ! Longue vie à toi, Monsieur le Chevalier !

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