texte de Claire P.

La bibliothèque de mes rêves

Si un jour, j’avais à dépeindre la bibliothèque de mes rêves, voici en quelques lignes ce que je pourrais en dire.

Mon esprit, sans doute un peu vagabond, m’amènerait à imaginer une œuvre purement onirique voire totalement utopique.

Seuls quelques initiés ou amoureux de la littérature pourraient pénétrer dans mon édifice. Ces quelques amis auraient le privilège de détenir le code d’accès ouvrant sur un passage secret. Ce ne serait pas une bibliothèque de prêt où l’on se contente de choisir un livre parmi d’autres savamment rangés dans d’interminables rayonnages poussiéreux. Il ne s’agirait pas de rapporter le livre à une date fixée préalablement quel que soit l’avancé de la lecture. Non, j’aimerais que ma bibliothèque soit consacrée à la consultation sur place nous permettant ainsi de passer d’interminables heures à bouquiner. On y trouverait principalement des romans, des nouvelles fantastiques, tout ce qui touche de près ou de loin au monde imaginaire et surnaturel. Pas le moindre espoir d’y trouver une quelconque encyclopédie. Pas de journaux relatant les nouvelles toujours plus mauvaises de jour en jour. Pas de manuels scolaires non plus ni de grands ouvrages philosophiques. Ma bibliothèque permettrait d’oublier le monde réel qui nous entoure, les discussions des adultes et tous les bruits et soucis de la vie quotidienne.

Mon rêve serait qu’elle soit ronde, à l’image de la terre. Une belle horloge ancienne en bois ciré décorerait l’entrée. Le premier geste à effectuer serait d’interrompre le mouvement du balancier. Ce qui aurait pour effet immédiat d’arrêter le temps. C’est, à cette seule condition que, tournant sur ses gons, s’ouvrirait devant nous une énorme porte en chêne massif donnant accès à un interminable couloir. Celui-ci serait flanqué de lampes rondes mettant en valeur de grands murs aux couleurs fruitées. Tantôt un vert pomme se mélangeant au fushia des framboises, tantôt la pistache s’associant au violet des myrtilles. Tout au bout du couloir nous attendrait une petite pièce décorée de tapisseries aux couleurs chatoyantes. Des variateurs de lumières donneraient à cet endroit une sérénité propice à la lecture. L’éclairage serait réglable d’un simple revers de la main.

Au centre de la pièce trônerait un énorme fauteuil moelleux sur lequel seraient disposés couvertures et coussins. Petit coin de paradis habituellement réservé aux chats de la maison. A gauche de ce siège, se trouverait une petite table où plusieurs ouvrages seraient disposés. Les uns feraient parti des souhaits émis lors des derniers passages. Les autres, seraient proposés dans l’unique but d’amener les lecteurs à découvrir de nouveaux horizons. Derrière tous ces livres, un large choix de bougies parfumées seraient mis à disposition. Il suffirait juste d’en allumer une pour que s’échappe différentes senteurs : des parfums de chocolat, de vanille, de fraise ou encore de framboise. Odeurs favorables à l’évasion et l’imagination.

Alors, le moment tant attendu arriverait, l’instant de bonheur où, confortablement installé, la première page du livre glisserait sous nos doigts. Chapitre après chapitre nous nous évaderions de notre quotidien sans que tout à coup notre voyage ne soit interrompu par :  « range ton livre et éteint ta lampe. Il est l’heure de dormir. Demain il y a école ! »

Dans ma bibliothèque, le temps ne serait pas compté et chacun aurait la possibilité d’achever l’ouvrage choisi avant de retourner à d’autres occupations plus terre à terre. Mon dernier geste serait à l’image de mon premier. Je prendrais soin de remettre en marche le balancier de l’horloge afin que le cours de la vie reprenne normalement.

Claire P.

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